Quand les boucles sont bien définies un jour et plus frisottées le lendemain, la cause n’est pas toujours un produit. Les changements de météo peuvent modifier la façon dont les cheveux gardent leur forme, la vitesse de séchage et le niveau de frisottis — surtout sur cheveux bouclés.
Ce guide explique ce qui se passe (simplement), comment l’humidité et le point de rosée se relient, et quels ajustements aident souvent dans différentes conditions.
Ce que l’humidité fait aux cheveux bouclés (la science, en simple)
Les cheveux sont constitués en grande partie de protéines de kératine. Ces protéines forment des liaisons temporaires qui aident les cheveux à garder une forme. Quand l’air est humide, des molécules d’eau interagissent avec la fibre et peuvent modifier ces liaisons temporaires. Résultat concret : les cheveux peuvent gonfler, la cuticule peut se soulever légèrement, et les boucles deviennent moins prévisibles — parfois plus serrées, parfois plus « fluffy », souvent plus frisottées.
Un modèle mental utile :
- Plus d’humidité dans l’air peut signifier plus d’eau qui entre dans la fibre capillaire.
- Cela peut entraîner plus de gonflement et plus de friction entre les mèches.
- Sur les boucles, de petits changements de forme se traduisent vite par des frisottis ou une perte de définition.
Note source : l’article de Smithsonian résume le mécanisme des liaisons hydrogène et pourquoi l’air humide change la forme des cheveux.
Humidité vs point de rosée : pourquoi les deux comptent
L’humidité (l’humidité relative) indique la quantité de vapeur d’eau dans l’air par rapport à ce que cet air pourrait contenir à cette température.
Le point de rosée est différent : c’est la température à laquelle l’air devient saturé et où l’eau commence à condenser. Dans beaucoup de routines pour cheveux bouclés, le point de rosée est utilisé comme un « indicateur » pratique des frisottis, car il corrèle avec la sensation d’un air très chargé en humidité.
À retenir :
- Point de rosée élevé : air très humide, les cheveux ont plus de chances de gonfler et de frisotter.
- Point de rosée bas : air sec, les cheveux peuvent perdre en souplesse et paraître rêches ou cassants.
(L’utilisation du point de rosée est une heuristique utile dans la communauté curly, pas un seuil scientifique strict.)
Pourquoi la porosité change l’histoire avec la météo
La porosité décrit à quel point les cheveux absorbent et retiennent l’eau. Quand la cuticule est plus « ouverte » (souvent décrite comme une porosité plus élevée), les cheveux ont tendance à absorber l’humidité plus vite — et aussi à la perdre plus vite.
En pratique :
- Cheveux à porosité élevée : réagissent souvent fortement à l’air humide, car l’eau entre plus facilement, ce qui augmente le gonflement et les frisottis.
- Cheveux à porosité faible : peuvent mieux résister à l’humidité, mais peuvent sembler secs en environnement peu humide et absorber les produits plus difficilement.
Pour un rappel sur la porosité :
Ce que la température change (et ce qu’elle ne change pas)
La température compte pour deux raisons :
- Chaleur et sécheresse vont souvent ensemble. L’air chaud peut être sec, et l’air sec tend à retirer plus vite l’eau de la surface des cheveux.
- Le froid peut réduire la souplesse. Beaucoup de personnes observent plus de rugosité, de nœuds et de risque de casse en hiver — souvent à cause d’une humidité plus basse, de la friction des vêtements et d’un conditionnement moins régulier.
Il est difficile d’isoler la « température » d’autres facteurs (chauffage, vent, changements de routine). Il est souvent plus juste de penser en combinaisons :
- Chaud + humide : gonflement + pression de frisottis.
- Chaud + sec : déshydratation + pression de fragilité.
- Froid + sec : électricité statique, nœuds et pression de sécheresse.
Stratégie produits quand l’humidité est élevée (quand les frisottis augmentent)
Quand l’air est très humide, beaucoup de routines fonctionnent mieux si l’objectif est de former un film de maintien et de sceller la cuticule, plutôt que d’attirer encore plus d’eau.
Ajustements souvent utiles :
- Réduire les humectants forts si les résultats deviennent instables (par exemple la glycérine).
- Ajouter une couche de fixation plus forte (gel ou mousse) pour limiter le mouvement des mèches pendant le séchage.
- Utiliser une couche « scellante » (certaines huiles, certaines silicones, ou des polymères proches des silicones) si la routine les tolère.
Pourquoi « ça dépend » :
- Certains cheveux supportent bien les humectants même par temps humide.
- D’autres frisottent immédiatement.
Dans des routines CGM Original (règles plus binaires), certains film-formers peuvent être limités (notamment les silicones non solubles). En low-poo ou en co-wash, la question devient souvent : est-ce que cela s’élimine correctement, et comment gérer l’accumulation dans le temps.
Stratégie produits quand l’humidité est basse (cheveux rêches ou cassants)
Quand l’air est sec, le problème est souvent l’inverse : les boucles peuvent perdre en souplesse, devenir rêches, ou paraître ternes.
Ajustements souvent utiles :
- Augmenter l’hydratation à base d’eau (leave-in, sprays) et appliquer sur cheveux très mouillés.
- Superposer les couches de conditionnement (un après-shampoing + un leave-in léger) plutôt qu’un seul produit très lourd.
- Réduire la friction (serviette microfibre, bonnet ou taie d’oreiller en satin) pour éviter d’abîmer la cuticule.
Techniques de coiffage souvent plus stables selon la météo
La technique n’est pas « tranchée » scientifiquement de manière stricte, mais certains principes sont régulièrement utiles :
- Appliquer les stylers sur cheveux très mouillés pour mieux répartir et limiter un séchage inégal.
- Adopter une méthode de séchage structurée (plopping, diffusion douce, ou séchage à l’air contrôlé) plutôt que de toucher sans arrêt.
- Éviter de trop manipuler pendant le séchage : plus on touche, plus on crée des frisottis.
Pour le diffuseur, l’évidence est surtout pratique :
- Moins de chaleur et moins d’agitation réduit souvent les frisottis visibles, mais les réglages dépendent de la densité, de la porosité et des contraintes de temps.
Comment la routine change ce que signifie « anti-humidité »
Même si la météo affecte globalement les cheveux, la routine influence la gestion de l’accumulation et la stabilité du « contrôle des frisottis » dans le temps.
Une grille de lecture simple :
- CGM Original (règles binaires) : certains film-formers sont évités, donc la routine s’appuie davantage sur la technique + une fixation soluble.
- Low-poo : des tensioactifs doux peuvent retirer davantage de film-formers, donc une stratégie anti-humidité plus forte peut fonctionner si l’accumulation reste maîtrisée.
- Co-wash : comme le nettoyage est plus doux, les film-formers utiles contre l’humidité peuvent aussi s’accumuler plus vite. Un nettoyage plus profond ponctuel peut être nécessaire.
La clarification n’est pas une « routine » en soi : c’est un outil de maintenance pour enlever l’accumulation quand le lavage habituel ne suffit pas.
Si l’accumulation semble faire partie du problème de frisottis, ces ressources peuvent aider :
Comment les modes de routine de Bönpello influencent l’interprétation des ingrédients
Le scanner d’ingrédients de Bönpello est conçu autour d’une idée : la compatibilité d’un ingrédient dépend de la routine, pas d’une règle universelle.
En pratique, un même ingrédient peut être interprété différemment selon le contexte de nettoyage :
- Mode CGM Original : reflète souvent un ensemble de règles binaires répandues.
- Mode low-poo : évalue si les ingrédients sont probablement éliminables avec un shampoing doux et signale le risque d’accumulation dans le temps.
- Mode co-wash : suppose un lavage à l’après-shampoing et est souvent plus strict sur les film-formers et les ingrédients sujets à l’accumulation, car l’élimination peut être plus difficile sans tensioactifs de shampoing.
Cela ne veut pas dire qu’un ingrédient est « bon » ou « mauvais ». Cela veut dire qu’il implique des compromis différents selon la façon dont les cheveux sont nettoyés.
Exemple : film-formers anti-humidité vs élimination
Par temps humide, des ingrédients film-formers peuvent aider à limiter les frisottis en réduisant les échanges d’eau (entrée/sortie) pendant le séchage.
Parmi les film-formers, on trouve certains polymères (comme certains polyquaterniums) et certaines silicones. Ils peuvent améliorer la douceur et la définition pour beaucoup de types de boucles.
Le compromis : certains film-formers sont plus difficiles à éliminer dans des routines au nettoyage doux, surtout en co-wash. Dans ce cas, une stratégie « anti-humidité » peut augmenter le risque d’accumulation, et la routine peut nécessiter ponctuellement un nettoyage plus fort (clarification) pour rester équilibrée.
Une checklist simple : quoi changer en premier
Pour tester rapidement sans réécrire toute la routine :
- Changer une variable à la fois (produit OU technique OU fréquence)
- Noter le contexte météo (humidité + point de rosée, si utilisé)
- Observer le signal
- Plus de frisottis pendant le séchage = problème de technique/fixation
- Frisottis après quelques jours = accumulation ou déséquilibre d’hydratation
- Boucles molles par temps humide = souvent trop d’assouplissement, pas assez de structure
Résumé
Les facteurs environnementaux peuvent changer le comportement des cheveux bouclés même si les produits restent les mêmes. L’humidité et le point de rosée influencent souvent l’absorption d’eau (gonflement et frisottis), tandis que l’air sec augmente souvent la rugosité et la fragilité. La porosité aide à expliquer pourquoi une routine fonctionne pour une personne mais pas pour une autre.
Une approche fiable n’est pas de chercher des boucles parfaites « quelles que soient les conditions ». C’est de comprendre les leviers (humidité, film-forming/fixation, élimination, technique) pour ajuster la routine quand les conditions changent.
